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EXPOSITION UNIVERSELLE DE VIENNE.
Nous regrettons de dire tout d’abord que ce qui domine dans les por-
Iraits, c’est la retouche du n^gatif. Sans doute on rencontre encore
quelques ceuvres de merite non retouchees, et nous citerons, en premiere
ligne, quelques tetes de M. kurtz, de New-York; mais l’epreuve saus re
touche est une rare exception, et, depuis 1867, les progres des dessina-
teurs sur cliclies sont tels, qu’il est ä craindre que bientot 1’oeuvre de la
lumiere soit le moindre souci du photographe, qui se contentera d’un nd-
gatif quelconque, cerlain que le retoucheur saura en faire une oeuvre
agreable, sinon fidele. Cette d^plorable tendance ralentit la recherclie du
progres photographique. Certes, dans bien des circonstances, il faut satis-
faire aux exigences du modele et Sparer un peu la nature; mais on est
arrive actuellement a refaire entierement les modeles, au grand detrimenl
de la ressemblance et de la verit^, que le dient, ilestvrai, semble peu
rechercher.
La necessite des retouches et les caprices de la mode ont fait diminer
actuellement, d’une maniere presque complete, la petite carte en pied, et,
le plus souvent, on ne met dans le format carte que le huste et meine
quelquefois une seule tete. On a cherch^ et on est arriv4 k att^nuer ce
qu’il y avaittout d’abord d’un peu saisissant, dans ces tetes volumineuses,
par un eclairage et une pose plus artistique, et de tres-belles epreuves,
soilant des ateliers de M. Luckhardt, a Vienne, de MM. Lcescher et Petsch,
a Berlin, de M. Mieckoski, ä Varsovie, ont egalement propagd ce goüt en
France, et maintenant les cartes dites vigneltes ou d^grad^es, dans les-
quelles on 4vite les oppositions un peu vives et les ombres accentuees,
sont remplacees avantageusement par ces portraits dits ä la Rembrandt,
dans lesquels les tetes, largement dessinties et ombrees, ressortent sur des
fonds generalement obscurs. Les portraits au-dessus de la dimension des
cartes et cartes-album ont suivi cette meme tendance, et, en general, les
artistes tachent de se rapprocher du genre si appreci^ de M. Adam Sa
lomen, oü la tete se detache lumineuse et bien eclairee sur un fond colore
assez sobre d’accessoires. II eut 6te desirable de pouvoir faire plus facile-
ment une comparaison que n’a pas permise l’abstention de M. Ad. Sa-
lornon.
Les portraits agrandis, auxquels on peut reprocher d’etre froids et peu
artistiques, semblent entrer dans une voie un peu moins defavorable;
quelques-uns meritent d’etre specialement mentionnes : en premiere ligne,
le grand portrait de femme, plein de relief et de vie, ojui a ete expos^par
M. Lumiere, et qui semble le meilleur specimen en ce genre. M me Ca-
meron, en Angleterre, a envoyd quelques grandes totes d’etudes, aux-
quelles on pourrait sans doute faire de nombreux reproches au point de