conditions pratiques de leur emploi, on ne saurait cependantque louer cc
lour de force, qui a sans doute exig4 bien des rebuts et bien des refections;
mais il etait bon de montrer jusqu’ä quel degre d’exactitude il estpossible
de parvenir dans les grandes usines. Nous avons bien souvent regardö,
parleur reflexion sur les parties planes ou courbes, les lignes de la loiture
de la salle des macbines, et nous avons toujours ete surpris de l’exactitudo
de ces images et de l’exactitude de leurs deformations.
Ces caracteres etaient peut-etre plus manifestes encore dans une petite
machine-pilon, a deux cylindres, avec r^servoir inlermediaire, cons-
truite pour le service d’un atelier, sur le meme principe que les macbines
de bateau les plus r^centes. On en pourrait peut-etre discuter la destina-
tion, mais non la disposition et le fini du travail. Le bati en fonte de cette
machine avait ses principales aretes arrondies, et, sans doute pour mettre
en evidencc la quaiite de la fonte, on etait parvenu a les polir ä ce point
que Ton ne saurait mieux les comparer qu’aux plus beaux specimens des
petites pieces dela fonderie americaine.
Il faut ajouter quecette excessive perfection etait evidemment unecoquet-
terie des habiles directeurs du Creuzot, qui ont tout fait depuis plusieurs
annees pour placer au premier rang tous leurs produits mdtallurgiques.
L’Angleterre n’avait exposd aucune locomotive; mais ces macbines
etaient nombreuses en Autriche et en Allemagne; la Belgique aussi se
faisait remarquer par quelques beaux types, et particulierement par une
grande locomotive Systeme Meyer, de la construction de la compagnie
beige de materiel a Bruxelles, a laquelle le Jury n’a peut-etre pas renclu
pleine justice.
Le nombre des locomotives a l’Exposition etait assez considerable; on
comptait ho macbines de grande exploitation et 7 macbines de manceuvres
ou de mines. Sur les 4o premieres, 1’Allemagne et l’Autriche n’en prd-
sentaient pas moins de 26; au total, 33, avec les macbines secondaires.
Les autres macbines etaient reparties de la maniere suivante : Angleterre,
2; France, 3; Italie, 1; Belgique, 6; Bussie, 2.
On voit par ces chiffres avec quelle prepond^rance les interets locaux
etaient repr^sentes; mais les machines repondant a des buts divers cons-
tituaient vraiment pour l’Aulricbe et pour l’Allemagnc une exposilion d un
grand interel, ou une etude quelque peu altcntive faisait tout d’abord x - econ-
naitrc une diversitd ä laquelle nous sommes tres-peu habilu^s. C’est qu en
effet les cbemins de fer, en France et en Angleterre, ne presentent pas les
meines contrastes, soit sous le rapportdes courbes et des rampes, soit sous
le rapport des faibles vitesses dont on se contente sur beaucoup de lignes
de l’Europe centrale. Parmi les machines diverses, 1 1 portaient seulement