vfinl la peinture anecdotique, devant l’episode, legenre a peu a pen quitte
les dimensions reslreinles de l’arl intime, ielles que les comprenaient les
Hollandais et les Flamands : il sest emparc de toi les plus vastes, et ne con-
senlirait pas plus, pour le clioi.x du sujet que pour la grandeur du cadre,
a ce qu’on lui determinät des limites.
N’est-ce pas, par exemple, un verkable tableau de genre que cette
belle Caravane Jans le Jesert, de M. Belly, qui a quitte nos musees pour
venir a Vienne? Cominent aussi pourrions-nous nommer cette toile repre-
sentant le Markhai Je Snxe sur un champ de bataille, par M. P.-L. Brown,
ou le Cesar Jans les Gaules de M. Boulanger?
s Ce n ’ est pl us la de la peinture de chevalet; inais ce n’est pas, a coup
sur, de la peinture d’histoire. Un hornme dun grand talent, Paul Dela-
locbe, a ete pour beaucoup dans cette transformation du genre; ses En
fants J’EJouarJ, sa Jane Grey, furent une innovation qui trouva rapidement
des imitateurs; nous n’avons, pour notre part, jamais bien compris ce
que de pareils sujets eussent perdu a et re tra it.es dans les dimensions du
Mazann ou des pelits tableaux religieux que cet artiste a produits depuis.
Deux artistes, assurement bien differcnis de caractere et d’aplitudes,
ont souvent traile les meines sujets en leur appliquant chacun leur origi-
naüte propre. Nous voulons parier de MM. Hebert et Breton, qui peignent
volontiers l’un et l’autre, celui-ci des paysannes ilaliennes, celui-lK des
femmes picardes. 11s se rencontrcnt ici avec des Femmes ä lafontäine, et
prouvent qu’il y a heureusement plus d’une maniere de bien faire, car le
lalent de M. Hebert est l’antipode de celui de M. Breton. Le premier,
dans une peinture d’un faire voile et diapbane, imprime a ses figures une
distmction hautaine, et semble demander un element d’inleret pour ses
personnages a leur aspect souffreteux ou maladif. Chez M. Breton, au
contraire, c’est lenergie, c’est la force, c’est cette saute qui, nee du tra-
\ail en plein soled, donne aux paysannes quii represente une noblesse
simple et robuste. La BcndJiclwn Jes bles ct le Ftajjpel Jcs ßJaneusos accom—
pagnent le tableau de la Fontaine et celui des Amtes, et montrent le talent
de M. Breton dans les sujets qu’il a le mieux traites. M. Hebert avait en-
voye, outre les Cervarolles, une Tete Je VelUJa et cet elrange porlrait
de la Marquise Je ***, qui semble un souvenir de reve ou d’apparition, et
qui avait souleve Fan dcrnier des critiques si differentes et si passionnees.
Ln eleve de M. Breton, M. Billet, dont on a pu constaler au pnntemps
dernier la voie progressive, se fait remarquer par le tableau de \'IIeure Je
la mark. Nous trouvons aussi une analogie avec M. Breton, quant au clioix
des sujets du inoins, sinon comme imitalion de la maniere, dans les ta
bleaux de M. Feyen-Perrin, les Vanneuses Je Cancale, les Femmes de Hie