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Full text : France - Commission supérieure: Rapports - Exposition Universelle de Vienne en 1873, Tome IV

EXPOSITION  UNIVERSELLE  DE  VIENNE.

Plafond  d’Apollon,  c’est  peut-etre,  dans  le  lot  qui  represenlait  Delacroix,  Io
tableau  qui  aura  c(e  vu  a  Vienne  avec  le  plus  d’interet;  tout  le  rnomle  n’a
pu  admirer  Foriginal,  et  Ton  retrouve  dans  cette  copie,  ou  plutöt  dans  cette
premiere  idee  de  la  vaste  composition  du  Louvre,  la  magie  liarmonieuse
et  l’entente  du  style  decoratif  qui  font  de  ce  grand  artisto  un  liomnie
a  part  dans  l’hisloire  de  l’art  francais.  Chose  curieuse,  sa  reputation,  qui
grandit  chaque  jour  a  l’etranger,  a  et6  des  ses  debuts  considerable  en
Allemagne  parmi  les  peintres.  II  semble  qu’en  se  jetant  au-devant  d’un
innovateur  et  d’un  coloriste  ils  aient  voulu  protester  rontre  leur  propre
genie,  ou  conlre  une  tradilion  qui  les  vouait  depuis  longtemps  a  une  peinture
  severe  et  correcte,  mais  sans  passion  et  sans  jeunesse.
Notre  paysage  a  eie  represente  a  Vienne  d’une  f’aeon  splendide  et  aussi
complete  qu’elle  pouvait  l’etre.  Cette  branche  de  l’art  de  la  peinture,  dans
laquelle  nous  avons  compte  depuis  quarante  ans  lanl  d’hommes  eminents,
n’est  plus,  comme  au  debut  des  Huet  et  des  Rousseau,  une  specialite  franraise.
  A  nos  artistes  reslera  l’honneur  d’avoir  trace  la  voie  nouvelle  suivie
depuis  lors  par  la  plupart  des  paysagisles  etrangers.  Ils  remplajaient  la
forme  academique  et  froide  des  compositions  de  l’Empire  et  de  la  Restauration, ­
  qui  fit  a  ces  epoques  la  reputation  des  Roguet  et  des  Reinond,
par  l’etude  franebe  et  directe  de  la  nature.  Sur  de  pareilles  bases,  le  succes
d’une  reforrne  ne  pouvait  etre  douteux;  mais,  pour  rendre  ä  chacun  cependant
  la  part  qui  lui  revient  dans  cette  transformation,  disons  qu’en
Angleterre  deja  de  hardis  coloristes  avaient  rornpu  avec  les  traditions
consacrees  :  ainsi,  les  deux  tableaux  de  Constable,  r^cemment  places  an
Louvre  et  dus  A  la  generosite  d’un  amateur,  ami  de  notre  pays,  avaient
]irdcdd(^  les  ceuvres  de  Paul  Huet;  puis,  par  un  reviremenl  que  l’on  ne
s’explique  guere,  a  rnesure  que  l’exemple  de  nos  peintres  de  i83o  causait
  sur  le  continent  unerevolution  dans  l’artdu  paysage,  la  forme  sincere
et  large  des  premiers  initiateurs  etait  peu  a  peu  oubliAe  de  nos  voisins  et
l’aisait  place  aux  conceptions  et  aux  manieres  les  plus  etranges,  qui  devaient
  les  conduire  bientot  au  prAraphaelisme.  Nous  reviendrons  sur  ce
sujet  lors  de  l’examen  de  la  seclion  anglaise.
Trois  tableaux,  le  Debordement  dans  une  foret  et  deux  Vues  prises  d  Fontainebleau, ­
  iormenl  ici  Fexposition  de  P.  Huet,  completee  par  quatre  dessins
ou  lavis,  oü  se  retrouve  dans  chaque  trait  l’ami  fidele  et  irreprochable  de
la  nature.  Ces  tableaux  sont  trop  connus  pour  que  nous  en  parlions  plus
amplement.
Le  lot  de  Theodore  Rousseau  se  composait  de  neuf  toiles,  parmi  les—
quelles  le  Malin,  le  Soir,  la  Ltsiere  de  Clairbois,  le  Chine  dans  la  plaine  et
la  Sortiede  foret.  Ces  deux  derniers  rhefs-d’oeuvre,  on  ne  saurait  lesnommer
            
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