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Full text : France - Commission supérieure: Rapports - Exposition Universelle de Vienne en 1873, Tome IV

BEAUX-  UITS.

a  cherche  a  rendre  la  chaleur  et  l  eclat  du  soleil  au  moyen  de  tons  oranges ­
  qui  ne  sont  pas  heureux;  on  ne  peut  refuser  une  grande  vigueur  de
Ions  a  ces  ouvrages,  mais  les  aquarellistes  anglais  suivent  de  plus  en  plus
une  voie  qui  tend  ä  remplacer  Faquarelle  par  un  procede  mixte  auquel
celui  de  la  peinture  ä  l’huile  restera  toujours  superieur.
Si  l’aquarelle  se  propose  uniquement  d’atteindre  la  force  et  Ja  vigueur
de  Fliuile,  eile  se  depouille  de  sa  raison  d’elre,  eile  perd  forc^ment  ses
qualites,  qui  sont  la  legerete,  la  fraleheur,  l’inattendu,  et  un  je  ne  sais
quoi  provenant,  dans  le  travail,  de  la  part  laissee  au  hasard  par  un  artiste
habile.  L’aquarelle  voulant  remplacer  la  peinture  a  l’huile  ressemble  a  un
soprano  qui  voudrait  chanter  les  basses.  11  faut  rcster  ce  qu’on  est.  Nous
sornmes  loin  de  la  maniere  dont  la  comprenait  Bonington;  il  est  vrai  que
de  son  temps  on  n’employait  pas  les  inoyens  dont  on  abuse  aujourd’hui;
on  ne  faisait  pas  intervenir  a  tont  moment  la  gouache,  les  grattages,  etc.;
on  procedait  par  reserves  et  non  par  epaisscurs;  en  un  mot  ce  genre  avait
une  spontanste  qu’il  a  perdue.
La  reputation  des  Anglais  dans  Faquarelle  est  si  generale,  si  incontestee,
  qu’on  a  vraiment  peur  d’y  toucher.  Disons  au  moins  que  l’Exposilion
de  Vienne  ne  suffirait  pas  pour  donner  i’idee  de  ce  que  peuvent  ses
artistes,  et  exprimons  de  nouveau  le  regret  qu’ils  s’en  soient  ainsi  desinteresses.
  Sans  le  concours  et  la  bonne  volonte  des  amateurs,  les  salles
anglaises  eussent  6t6  vides.  Ensuite,  puisqu’on  admettait  des  ceuvres  aussi
anciennes  que  le  Rendez-vous  de  chasse  de  M.  Grant,  qu’on  a  vu  partout,
ou  que  les  aquarelles  de  M.  Barret,  qui  datent  de  1823,  ne  pouvait-on
en  envoyer  quelques-unes  de  MM.  Sandby,  Cox,  Warley,  de  Wint,  ou
quelques  tableaux  de  Mulready,  mort  depuis  peu  de  temps?
Nous  ajouterons  que,  le  Jury  des  beaux-arts  ayant  fonctionne  sans  aucun
  jure  anglais  pour  defendre  les  interets  de  ses  compatriotes,  on  a  souvent
  du  agir  en  Fabsence  de  renseignements  sur  la  dato  des  tableaux  ou  sur
les  artistes  hors  concours.

ITALfF.  ET  ESPAGNE.
II  ne  faut  pas  demander  a  la  peinture  italienne  un  indice  de  nationale, ­
  ni  les  qualitds  originales  qui  distinguent  la  sculpture.  L’ecole  actuelle
ne  possede  aucun  cachet  particulier,  et  se  confond  avec  les  ^coles  des  pays
voisins.  Les  artistes  s’y  divisent  ni'anmoins  en  deux  camps  assez  tranches  :
ceux  qui,  fideles  a  leurs  Souvenirs  ou  a  leurs  premieres  etudes,  perpeluent
un  genre.  abandonne  depuis  longtemps  chez  nous,  celui  de  la  peinture
academique  de  1820;  ou  ceux  qui,  ayant  appris  ou  voyage  hors  de  chez
cux,  se  sont  essayes  ;i  des  procedes  modernes  ct  au  genre  anecdolique  en

IV.
            
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