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Full text : France - Commission supérieure: Rapports - Exposition Universelle de Vienne en 1873, Tome IV

m  EXPOSITION  UNIVERSELLE  DE  VIENNE.
L’ecole  primaire  (primary  school,  common  school)  reunit  presque  tous
les  enlants  des  diverses  classes  de  la  societ<5  de  cinq  a  dix  ans.  Ils  y  apprennent
  la  lecture,  lecriture,  le  calcid,  la  geographie,  quelques  notions
des  Sciences  et  du  droit  constitutionnel.  «Des  faits,  non  des  regles;  des
exemples,  des  informations,  non  des  maximes  :  voilä  la  regle,  »  dit
M.  Hippeau,  et  cette  r&gle  est  conforme  au  but  que  se  proposent  les
Americains.  Aussi  multiplient-ils  les  tableaux,  lesiniages,  et  usent-ils  non
moins,  sinon  plus  que  les  Allemands,  des  lecons  de  choses.  Ils  exercent
1  enfant  a  parier,  l’habituent  ä  reciter  des  vers,  a  exposer  une  question  et
meine  a  discuter.  Ce  sont  des  citoyens  qu’ils  veulent  former.  De  temps  a
autre,  les  exercices  sont  interrompus  par  des  marches  avec  accompagneinent
  de  piano  et  par  des  cliants,  connne  nous  le  pratiquons  dans  les
asiles  ou  dans  la  niethode  d’enseignement  muluel.  Les  ecoles,  ä  la  fois
publiques  et  gratuites,  etant  ouvertes  a  tous  les  enlants  sans  distinction
de  culte,  connne  sans  distinction  de  sexe,  l’enseignement  religieux  ne
fait  pas  partie  du  programme,  bien  que  partout  on  Jise  la  Biblc  et  on
fasse  la  priere;  cet  enseignement  est  donne,  apres  les  lieures  de  classe,
par  les  mimstres  de  la  religion.
Au  sorlir  de  l’ecole  primaire,  on  entre  dans  l’ecole  de  grammaire
(grammar  school),  dont  les  cours  durent  de  quatre  a  cinq  ans,  et  dont  le
programme  comprend  la  lecture,  l’ecriture,  la  grammaire  pratique,  l’liistoire,
  la  geographie,  la  composition,  le  latin,  rarithmetique,  la  gtiometrie,
la  tenue  des  livres,  le  franjais,  l’allemand,  etc.  C’est  en  quelque  sorte  une
ecole  primaire  superieure  avec  quelques  notions  de  latin.
Pour  former  les  citoyens  d’une  societe  democratique,  les  Americains
ont  pense  qu  il  fallait  que  tous  pussent  participer  au  m4me  enseignement. ­
  «Si,  pour  soutenir  nos  ecoles,  dit  le  surintendant  de  l’instruction
dans  lOhio,  nous  n’hesitons  pas  ä  frapper  les  contribuables  de  lourds
impöts,  c’est  parce  que  nous  sommes  convaincus  que  la  s^curite  de
I  Etat  et  la  stabilite  de  l’ordre  social  dependcnt  de  la  diffusion  generale
des  lumieres  et  des  vertus,  fruits  d’une  bonne  education;  la  gratuite  est
le  moyen.  »  On  lit  dans  le  rapport  annuel  du  cornite  d’education  de  la  eite
de  Boston,  en  1866:  «  U11  des  bienfaits  de  l’education  publique,  c’est
que  les  enfants  de  l’ouvrier  et  du  marchand,  assis  cotc  ii  cöte,  camarades
dans  1  enfance,  seront  sympathiques  et  compagnons  les  uns  pour  les
aulres  pendant  le  reste  du  voyage  de  la  vie.»
Pour  avoir  la  gratuite,  il  a  fallu  faire  une  large  pari  aux  ^coles  dans
les  revenus  publics:  les  Etals-Dnis  n’ont  rien  rnenage  a  cet  egard.  C’est
un  des  cotes  les  plus  remarquables  de  leurs  inslitutions  pedagogiques.
Les  ecoles  sont  du  rossort  de  chaque  Etat  particulier,  qui  regle  la  mutiere
            
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