/i76 EXPOSITION UNIVERSELLE DE VIENNE.
Le maitre doit, autant que possible, faire voir et faire tendier les
choses, parce que ies exemples font une impression plus rapide et plus
durable, surtout dans les esprits peu prepares a suivre des idees abstraites.
L’expdrience et la pratiquedes dioses doivent etre le point de depart ordi-
naire de chaque etude, meine de Müde de la langue francaise ou dune
langue vivante. Les lecons de dioses doivent occuper une large place au
debut de cet enseignement; bien conduites, dies initient les jeunes en-
fants ä un grand nombre de notions elementaires; dies justifient le noni
de real-schule que les Allemands donnent aux etablissements de ce genre,
et dies habituent de bonne heure ä examiner de präs les objets, a les com-
parer, a seclairer par la reflexion. Bien longtemps avant qu’on eüt song4,
en France ou ä 1 etranger, a ce genre d’enseignement, l’abbe Fleury avait
consedle, dans son Tratte sur les Üudes, d’accoutumer les enfants a «faire
des reflexions sur tout ce qui se presente, qui est le principe de toutes les
du desLes manipulations, les visites dans les usines, doivent, dans les
classes supeneures, etre la continuation de la meme methode : des indus-
triels ont besoin d etre habiles ä manier la inatiere et les forces avec les-
qudles ils seront chaque jour aux prises.
On se preoccupait deja de celte lacune sous la Restauration. Un con-
cours fut ouvert en 1823 sur la question de l’enseignement moyen; le
Programme dait trace par Guizot, et le prix etait remporte par M. Re-
nouard.
Quelques lycees avaient alors senti la necessite de creer pour cette dien- 1
tele particulide quelques classes, ddigndes en general sous le nom de
classes de francais ou de classes de commerce, et, apres 183o, l’Institut des
Freres des ecoles cbrdiennes, sous Fimpulsion de leur gderal, le frere
Philippe, crdait a Paris des cours professionnels. La loi de 1833, en orga-
msant lTnstruclion primaire en France, donna une existence legale aux
doles industrielles sous le nom d’enseignement primaire superieur; c’esl
sous le regime de cette loi que furent fondd, a Paris, le College Chaptal, qui
avait d’abord etc un dablissement prive, et l’iicole Turgot, creee par Pom-
pee et organisee par M. Marguerin; dans le reste de la France, un assez
grand nombre dautres etablissements, municipaux ou libres. Saint-Marc-
Girardin et Cousin visitaient alors les ecoles bourgeoises de l’Allemagne et
proclamaient la necessite d’avoir «une education propre ä faire des mar-
cbands, des manufacturiers, des agriculteurs ».
De 1841 a 1 844, le ministre de Finstruction publique crea des cours
d’mstruction primaire superieurc dans 82 Colleges communaux et dans
•) Colleges royaux. La plupart des ministres qui succederent ä Villemain,
Salvandy, MM. Carnot, de Parieu, Fortoul, Rouland, agiterent la ques-