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Full text: France - Commission supérieure: Rapports - Exposition Universelle de Vienne en 1873, Tome IV

INSTRUCTION PRIMAIRE ET INSTRUCTION SECONDAIRE. 469 
dans les ecoles ovec le nombre total des enfants de six a quatorze ans etait 
d’environ ho [>. o/o; a la seconde, il est presque de Gi p. o/o l . 
Combien d’enfants ecbappent encore ä l’instruction ? On ne saurait le 
dire d’une mattiere precise. Un assez grand nombre d’enfants refoivent 
la premiere instruction dans leur famille ou dans les lycees et Colleges de 
Paris; ils figurent dans le nombre total des enfants de la ville et ne figurent 
pas sur la statistiquc des ecoles. Aussi ne serait-il pas tres-juste de dire, 
d’apres les chiffres du tableau, que la Ville de Paris ne donne l’inslruc- 
ction primaire qu’a q enfants par 100 babitants 2 ? 
Malheureusement, c’est avant quatorze ans que les enfants quittent 
l’ecolc primaire. Le directeur de l’enseignement primaire de la Ville de 
Paris constatait, il y a quelque temps, que c’esl cn moyenne dans le 
cours de la onzieme annee que la sortie a lieu. En 1873, le nombre de 
ces defections prematurees s’est accru. Est-ce une consequence de la gttne 
ou se trouvaient les familles? N’est-ce pas aussi un effet du peu de cas 
que les parents font d’une solide instruction? Ils sont presque toujours 
persuades qu’ils ne sauraient trop tot faire gagner un salaire a leurs en 
fants, et ne comprennent pas l’irreparable prejudice qu’ils leur causent. J’en 
vois une preuve dans le peu d’assiduite durant les annees d’ecolage : «Les 
familles, dit le rapport du directeur en traitant des arrondissements de 
Saint-Denis et de Sceaux, semblent n’avoir pas suffisamment compris (jue 
ce n’est pas en envoyant leurs enfants quelques heures par jour, quelques 
jours par semaine, que le bienfait de l’education peul etre rGel 3 . » Une in- 
1 D’apres la statistique nouvelle que pre- 
pare M. ie direcleur de Renseignement pri- 
maire de la Seine, et qui a un caractere 
d’cxaclitude rigoureuse que n’avaient pas les 
statistiques precedentes, le nombre total des 
ecoliers de six a quatorze ans parait devoir 
etre, d’apres les indicalions que nous a com- 
muniquees M. le directeur, d’environ 15o,ooo. 
2 La proporlion du nombre des enfants a la 
population totale est a peu prts la meme pour 
Paris que pour la France entiere. Les enfants 
de six ä quatorze ans dans les etablissements 
secondaires ne semblent pas pouvoir ötre esti- 
mes ä beaucoup plus de 5,000. Dans la sta- 
tistique que prepare le direcleur de Rensei 
gnement primaire de la Seine, ces nombres 
doivent ötre releves avec soin; pour le College 
Chaptal, il est de 5go, dont iSe eleves dont 
la famille liabite Paris, 5(1 dont la famille ha 
bile une aulre localite du departsmeut de la 
Seine et 82 dont la famille habile hors du de- 
partement. Par consequent, on ne saurait 
nier, quel que soit le chiflre precis, que la 
proporlion des eleves de Renseignement pri 
maire ne soit pour Paris inferieure ä ce qu’elle 
est pour le roste de ta France. Le vagabondage, 
les apprentissages prematures, Rincurie des 
parents, sont au nombre des causes de cet 
etat de choses; toutes les grandes villes souf- 
frent plus ou moins de ce mal. C’est un fail 
qui doit eveiller la sollicitude eclairee du di 
recteur de l’enseignement primaire. 
3 En France, comme en Autriche, en Italic 
et dans plusieurs autres pays, un des obstacles 
au progres de Rinstruction primaire est le peu 
de temps que les enfants passent ä l’ecole; on 
les retire de bonne lieure, et, pendant les an 
nees d’ecole, on ne s’aslreint pas assez a les 
envoyer regulierement. Dans le departement 
de RYonne, qui est cependant un de ceux oü 
Rinstruction donne d’assez bons resultats, 
M. Erodier constatait, en 1872, que la fre- 
quentalion moiyenne etait de moins de huil 
mois.
	        
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