Skip to main content Jump to sidebar
MAK

Full text : France - Commission supérieure: Rapports - Exposition Universelle de Vienne en 1873, Tome IV

E.NSEIGNEM  EM  S  ü  P  E  R1EUR.

617
ceux  qui  ne  re<;oivent  de  l’Etat  aucune  Subvention  et  qui  doivent  ieur  existence
  a  l’initiative  privee.  II  en  est  deux  sur  lesqueis  nous  vouions  sp^cialement
  appeler  I’attention,  a  ce  point  de  vue  d’abord,  puis  parce  quele  Jury
les  a  distingues  dans  la  repartition  des  recompenses;  ce  nous  est  un  double ­
  inotif  d’entrer  a  leur  sujet  dans  quelques  developpements.
Nous  avons  en  premiere  ligne  la  nouvelle  dcole  fondee  par  deux  publicistes
  connus,  MM.  Boutmy  et  Vinet.  Elle  est  de  creation  r^cente.  Institute
au  lendemain  meine  de  la  guerre,  l’Ecole  libre  des  Sciences  politiques
devait  etre  appelee,  dans  la  pensee  des  deux  fondateurs,  ä  combler  une
lacune  qui  existe  dans  l’enseignement  de  nos  dcoles  gouvernementales.  Si
l’on  consulte  les  programmes  officiels,  on  voit  qu’en  France  il  n’existe  pas
pour  les  Sciences  politiques  d’enseignement  proprement  dit.  A  l’Ecole  de
droit,  au  College  de  France,  au  Conservatoiredes  arts  etm&iers,  äl’Ecoledes
chartes,  a  l’Ecole  des  ponts  et  chauss^es  comme  a  Saint-Cyr,  certains  cours
touchent  de  loin  ou  de  pres  aux  choses  de  la  politique;  mais  cbacun  d’eux
est  fait  selon  les  besoins  et  au  point  de  vue  de  l’etablissement  ou  il  est  professti,
  les  sujets  sont  traites  sans  aucun  ordre  arrete  d’avance  qui  fasse  de
cbacun  le  complement  des  autres  et  l’une  des  parties  d’un  meme  Systeme
d’instruction.  Pour  ciler  des  exemples,  ä  I’Ecole  de  droit,  le  cours  de  droit
des  gens  ne  comprend  qu’une  partie  fort  restreinte  de  l’histoire  diplomatique, ­
  car,  d’une  part,  la  periode  de  temps  qu’il  embrasse  est  relativement
courte  (c’est  le  plus  souventdepuis  les  traites  de  VVestpbalie  jusqu’en  181  5),
de  Fautre,  iln’est  question  que  des  traites  auxquels  la  France  est  intervenue,
et  certains  faits  importants  au  point  de  vue  de  la  politique  d’equilibre  sont
laiss^s  de  cote.  Autre  exemple:  En  cette  meme  ecole,  le  droit  constitutionnel
  n’est  Studie  que  comme  preparation  au  droit  administrativ  et  d’une
rnaniere  assez  superficielle.  Les  institutions  actuelles  sont  seules  en  cause,
on  s’occupe  rarement  de  celles  qui,  dans  Fordre  cbronologique,  les  ont
prec^dees.  Les  professeurs,  la  comme  ailleurs,  ont  adopte,  pour  la  plupart,
le  Systeme  des  monographies.  Il  traitent  annuellemcnt  tantot  un  sujet,
tantot  un  autre;  cela  s’explique,  puisqu’il  s’agit  de  cours  qui  n’ont  lieu
qu’une  ou  deux  fois  par  semaine  et  dans  des  amphitheätres  publics.  Les
etudiants  y  viennent  guides  par  leur  fantaisie  et  par  un  sentiment  de  curiosit4
  qu’ils  ne  satisfont  guere  qu’une  fois.  A  dire  vrai,  ils  suivent  ces  lecons
d’autant  plus  irreguli^rement  qu’ils  ne  comptent  point  sur  un  enseignement
coordonne,  complet,  mais  uniquement  sur  des  notions  generales  qu’on
retrouverait  au  besoin  dans  un  article  de  revue.  De  leur  cote,  les  professeurs ­
  se  montrent  mediocrement  soucieux  d’etudier  les  faits  contemporains
  et  les  questions  a  Fordre  du  jour;  ils  preferent  se  refugier  dans  le
passe,  prdcisement  parce  que  les  cours  sont  publics  et  qu’il  serait  malaise
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.