Skip to main content Jump to sidebar
MAK

Full text : Revue des deux mondes, 10: Rapports de la délégation ouvrière française à l'exposition de Vienne

LES  ASPIRATIONS  DES  ODVRIERS.

159

soit  pas  libre  d’entrer  et  de  sortir  ä  son  gre,  de  commencer  sa
täche  ä  l’heure  qui  plait  ä  chacun.  Ils  ont  ä  ce  sujet  des  critiques
qui  sont  göneralement  passionnees.  Nous  savons  que  le  defaut  de
la  population  francaise  n’a  jamais  ete  le  culte  de  la  discipline.  La
discipline  est  pourtant  une  des  plus  grandes  forces  sociales;  eile
n’a  en  eile-meine  rien  d’humiliant,  eile  est  pour  la  societö  ce
qu’est  l’ordre  pour  l’individu.  Que  dans  les  röglemens  de  certains
ateliers  il  y  ait  des  clauses  soit  superflues,  soit  trop  rigoureuses,
cela  est  possibfe.  Elles  disparaitront  avec  le  temps  par  l’accord  des
ouvriers  et  des  patrons;  mais  qu’on  puisse  concevoir  une  grande
industrie  oü  chacun  prendrait  et  laisserait  son  travail  ä  son  gre,
suspendrait  subitement  le  jeu  de  son  nieder  ou  derangerait  son
voisin,  c’est  lä  un  rßve  fort  peu  idbal  et  dont  la  realisation  ne  saurait
  concorder  avec  le  developpement  de  la  production.  Cette  aversion
  pour  les  räglemens  d’atelier  Irouve  une  excuse,  non  pas  une
justification,  dans  la  Situation  particuliere  de  la  plupart  des  industries
  parisiennes,  qui,  se  pratiquant  jadis  exclusivement  et  encore
  aujourd’bui  partiellement  ä  domicile,  tendent  ä  s  exercer  desormais
  dans  de  grands  ateliers.  11  y  a  pour  1  ouvrier,  de  nouvelles
habitudes  ä  prendre  qui  lui  repugnent.  Convenons  dailleuis  que,
dans  toutes  les  industries  oü  la  mecanique  ne  joue  pas  un  giand
röle,  le  travail  ä  domicile  peut  avoir  des  avantages  cousidei  ables.
III.
Les  esperances  des  ddlegues  ne  se  bornent  pas  au  remaniement
des  reglemens  d’atelier,  a  la  suppression  des  heures  supplementaires,
  aux  rapprochemens  des  epoques  de  paie;  ce  ne  sont  lä  que
les  conditions  d’un  modus  vivendi  qu’ils  regardent  comme  transitoire.
  Est-ce  la  participation  aux  bönefices,  la  creation  de  caisses
de  retraite,  qui  lety~  apparaissent  comme  les  signes  distinctifs  d  un
rdgime  definitif?  La  plupart  d’entre  eux  accepteraient,  comme  un
avantage  süffisant  pour  la  periode  de  transition,  des  institutions  de
cette  nature;  quelques-uns  en  font  meme  l’objet  d’un  vceu  formel,
notamment  les  delegues  des  imprimeurs  typographes,  des  marqueteurs
  et  des  fondeurs  en  caractüres,  mais  avec  cette  reserve  que  leurs
esperances  pour  l’avenir  vont  beaucoup  plus  loin.  D’autres  delbgues
sont  plus  impatiens  et  se  montrent  singuliürement  dedaigneux  pour
toutes  les  ameliorations  que  la  Philanthropie  ou  l’intelligence  de
quelques  patrons  s’est  efforcee  de  realiser.  «  Nous  n’admettons  pas,
dit  le  delegue  des  ceramistes,  que  le  Systeme  de  participation  dans
les  benefices  soit  la  solution  du  probleme  :  dans  ce  Systeme,  le
Capital  est  plus  favorise  que  le  travail.  L’ouvrier,  par  un  surcroit
d’efforts,  en  vue  d’un  benefice  illusoire,  use  plus  promptement  ses
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.